21 mars 2006

Pourfendeur de nuages

pourfendeur_de_nuagesPourfendeur de nuages

de Russell Banks

Actes Sud - 770 pages

Pourfendeur de nuages est la confession d’Owen Brown, fils de John Brown, figure mythique du mouvement abolitionniste aux Etats Unis. Par le truchement de lettres adressées à une jeune historienne universitaire Owen évoque son histoire, celle de sa famille (et du père surtout) et l’Histoire à une période cruciale, celle qui a précédé la Guerre de Sécession. Les thèmes abordés sont ceux du racisme, de l’esclavagisme, de la politique mais aussi du fanatisme. John Brown a une forte personnalité. Autoritaire, fanatique il détruit tout au nom de son idéologie fort louable à la base. Dans sa vision manichéenne et religieuse de la vie il n’y a que de camps ceux qui sont contre l’esclavage et le racisme et avec lui et ceux qui sont pour et donc contre lui. Pas de neutralité possible et le combat et la violence qui en découle est la seule voie possible.

Le roman est sombre, cruel et souvent difficile à avaler tant sur les faits véridiques évoqués que sur le style de l’auteur. Pas d’espoir. Un livre poignant mais à la lecture duquel on risque la dépression nerveuse.

Extrait
"Je veux tout vous dire, maintenant que j'ai résolu de vous en dire un peu. C'est comme si j'avais ouvert une écluse et qu'une grande mer de mots endiguée pendant la moitié d'une vie s'était mise à se déverser."

Posté par Lhisbei à 23:07 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Commentaires sur Pourfendeur de nuages

Je suis épatée par le fait que tu ais réussi à aller au bout de ce livre, j'ai abdiqué vite fait et Flo pareil. Autant j'aime Russell Banks, autant ce pourfendeur de nuages m'a semblé indigeste au possible.

Posté par Cuné, 22 mars 2006 à 09:07

Je suis admirative : tu as lu ce satané bouquin en entier !!! Pas pu... L'histoire m'intéressait mais l'action était trop lente, ça n'avançait pas. J'avais l'impression que Banks tournait autour du pot. Bref, j'avais laissé tomber assez rapidement (par rapport au volume du livre) à l'époque de ma tentative.
A tiens, je viens de voir le com de Cuné (je suis vraiment fatiguée )

Posté par Flo, 23 mars 2006 à 20:45
Yo

on verra bien mais les avis semblent partager.

Posté par Le disciple, 24 mars 2006 à 15:35

Cuné : je suis tenace et je n'aime pas refermer un livre sans l'avoir fini. Mais j'avoue avoir parfois décroché et lu certaines descriptions enneigées un peu en diagonale...

Flo : oui on peut dire que Banks tourne un peu autour du pot. Il aurait pu dégraisser son livre d'au moins 250 pages à mon avis sans y perdre en qualité (avis hautement subjectif).

Disciple : je t'encourage à tenter :_)

Posté par A Minima, 25 mars 2006 à 13:00

Grand admirateur de Russell Banks auquel j'ai apprécié nombre de ses romans (de beaux lendemains, sous le règne de Bone, la relation de mon emprisonnement...) [à l'exception de Hamilton Starck], c'est avec un peu d'appréhension que j'ai voulu me mettre à ce long roman au sujet difficile et douloureux.

Mais, c'est avec un immense plaisir et fierté que je l'ai achevé parce qu'il représente une véritable richesse dans mon esprit. Cette période aux Etats-Unis que je ne connaissais pas du tout, me semble maintenant plus familière mais aussi plus cruelle. Dois-je admirer Owen Brown ou au contraire le pendre également dans ma mémoire ? Je n'ai pas encore réussi à trouver cette réponse qui trotte dans ma tête depuis la dernière page tournée.

Et pour ceux qui trouve le roman trop lent, pour ma part cela m'a permis de rentrer à fond dans cet univers, dans cette époque. J'avais le sentiment de me retrouver à deux pas de la petite maison dans la prairie, de voir à tout moment Charles Ingalls venir me prêcher la bonne parole, avant de découvrir la violence et le fanatisme que pouvait entraîner cet autre grand prêcheur John Brown.

Indéniablement, un souvenir à tout jamais ancré dans mes lectures.

Posté par Bl., 23 mars 2007 à 22:46

Grand admirateur de Russell Banks auquel j'ai apprécié nombre de ses romans (de beaux lendemains, sous le règne de Bone, la relation de mon emprisonnement...) [à l'exception de Hamilton Starck], c'est avec un peu d'appréhension que j'ai voulu me mettre à ce long roman au sujet difficile et douloureux.

Mais, c'est avec un immense plaisir et fierté que je l'ai achevé parce qu'il représente une véritable richesse dans mon esprit. Cette période aux Etats-Unis que je ne connaissais pas du tout, me semble maintenant plus familière mais aussi plus cruelle. Dois-je admirer Owen Brown ou au contraire le pendre également dans ma mémoire ? Je n'ai pas encore réussi à trouver cette réponse qui trotte dans ma tête depuis la dernière page tournée.

Et pour ceux qui trouve le roman trop lent, pour ma part cela m'a permis de rentrer à fond dans cet univers, dans cette époque. J'avais le sentiment de me retrouver à deux pas de la petite maison dans la prairie, de voir à tout moment Charles Ingalls venir me prêcher la bonne parole, avant de découvrir la violence et le fanatisme que pouvait entraîner cet autre grand prêcheur John Brown.

Indéniablement, un souvenir à tout jamais ancré dans mes lectures.

Posté par Bl., 23 mars 2007 à 22:46
Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=74669&pid=1554741

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :